Mission SeaOrbiter
Création Jacques Rougerie
Autour de SeaOrbiter se rejoignent des femmes et des hommes qui partagent une vision commune de l’évolution de l’homme dans son environnement : la quête du savoir et l’expérimentation qui lui permet d’évoluer depuis son origine et de repousser ses limites.
Tout comme l’exploration de l’espace fait évoluer le regard porté par l’homme sur sa planète, l’exploration et la compréhension renouvelées des océans à travers le monde sous-marin est un des enjeux majeurs du XXI ème siècle.
Bien que représentant 70 % de la surface de notre planète, les océans demeurent encore largement inconnus. Pourtant, nous savons déjà qu’ils jouent un rôle prépondérant dans notre vie quotidienne et pour notre futur : leurs grands courants régulent notre climat, ils nous nourrissent et nous nourriront de plus en plus grâce à l’aquaculture, les molécules toujours nouvelles que l’on y découvre contribuent et contribuerons à nous soigner, les nouvelles formes de vie des grands fonds remettent en cause nos certitudes…
A travers une démarche d’innovation technologique, le programme SeaOrbiter donne naissance à une nouvelle génération de vaisseaux d’exploration des océans, à une aventure humaine digne des grandes explorations pluridisciplinaires des siècles passés. Ce projet permettra notamment à l’équipage du SeaOrbiter de bénéficier d’une vision complète sur le monde sous-marin lui permettant d’observer, d’écouter et de vivre 24 h/ 24, et pendant de longs séjours, sous la mer.
Né de la confrontation des expériences du monde de la mer et de l’espace et notamment issu des réflexions de Jacques Rougerie, architecte de la mer ayant plus 25 ans d’expérience dans la construction d’habitats sous-marins, Henri Germain Delauze, président de la Comex, Jacques Piccard, explorateur sous-marin, Jean Loup Chrétien, astronaute, Scott Carpenter un des premiers astronaute et aquanaute américain, Bill Todd Directeur du programme d’entraînement sous-marin NEEMO de la NASA, Michel Thodoroff Manager de SeaOrbiter, Lucien Laubier directeur de l’Institut Océanographique de Paris et l’un de nos plus éminents spécialistes du monde des océans, Kjell Holden, vice président du Marintek…
SeaOrbiter est un vaisseau unique dont la technologie permet à l’homme de vivre au cœur des océans, de les parcourir sur les grands courants, de les observer et d’accéder à tout moment au milieu marin.
SeaOrbiter est un vaisseau océanique habité, dérivant et robotisé
Sa structure semi-submersible verticale de 51 m de hauteur, comporte une partie immergée de 31 m. Dotée d’équipements d’observation et d’écoute océanographiques couplés avec les observations satellites, la station accueille un équipage international de 18 personnes : 10 d’entre eux vivent en pression atmosphérique et 8 aquanautes vivent en zone pressurisée.
Vivre sous la mer : l’originalité de l’assemblage de modules pressurisé et en pression atmosphérique
SeaOrbiter comporte un module en pression atmosphérique sur plusieurs niveaux, et un module pressurisé. Ouvert sous la mer, ce dernier permet aux aquanautes de vivre en permanence au cœur des océans et d’avoir un accès immédiat au monde sous-marin. Le sas de décompression communique avec les ponts supérieurs en pression atmosphérique qui assurent la logistique et l’intendance des Aquanautes. Les astronautes du programme NEEMO de la NASA, préparent d’ores et déjà, dans un habitat sous-marin fixe, les vols habités à longue distance.
L’habitat sous-marin intégré du vaisseau SeaOrbiter, véritable simulateur spatial, doit donc permettre de mettre en place, sur de longues périodes, des expériences, des modélisations et des analyses en matière de confinement et de confrontation d’un équipage aux conditions de vie en milieu extrême.
Observer : de grandes baies panoramiques et des capteurs acoustiques
SeaOrbiter est un vaisseau d’exploration qui permet une observation au-dessus et en-dessous de la surface des océans.
La partie émergente reçoit les équipements de navigation et de communication. Elle se caractérise par un pont ouvert aérien, permettant l’observation des cétacés et le repérage des espèces migratrices. La partie immergée, solidaire de la partie émergée, est un observatoire mobile. Au-delà de ses larges hublots, cet observatoire possède de larges baies panoramiques qui créent une relation privilégiée et permanente avec la vie marine.
Le faible niveau de pollution acoustique du vaisseau permet en outre une observation fine des sons sous-marins.
Des équipements de mesures automatisées permettent aux scientifiques d’analyser in situ les échantillons d’eau prélevés. Des caméras-robots télé-opérées par câble effectuent des prises de vues jusqu’à 600 mètres de profondeur.
Ses programmes et missions.
SeaOrbiter ouvre les océans à une nouvelle génération de résidents, les aquanautes : scientifiques, explorateurs ou simples visiteurs du monde sous-marin.
Les principales missions scientifiques prévues s’articulent autour de:
- L’homme sous la mer : études en parallèle avec les agences spatiales sur la physiologie et la psychologie des équipages en milieu confiné sur de longues durées.
- Monitoring des pollutions : aérosols, processus de bio accumulation des polluants
- Etudes de la biodiversité : oasis de vie au milieu des océans grâce au phénomène d’agrégation lié aux structures dérivantes, gestion des ressources, exploration des monts sous-marins
- Etudes du climat à travers les observations faites dans les courants: températures, impact du CO2, échanges gazeux, calibrages de mesures satellitaires
La démarche de communication et d’éducation se met en place à travers :
- La sensibilisation des jeunes générations à la connaissance scientifique de l’océan à travers une aventure humaine et un défi technologique
- Un programme de records : premier tour du monde en dérivant sur les courants, record de durée de présence de l’homme sous la mer
- La diffusion de l’expédition à travers une couverture média-films-presse-internet
- Des expositions dans les musées, aquariums, Instituts océanographiques et centres de la mer.
Les missions SeaOrbiter se veulent universelles et internationales, tant dans leur mise en œuvre que dans la diffusion des informations qui seront récoltées. Elles offrent une plate-forme expérimentale pour des organismes de recherche français (Comex, Institut de Recherche et Développement…), européens (Agence Spatiale Européenne) et internationaux (National Oceanographic and Atmospheric Administration, NASA, Woods Hole Oceanographic Institution…) qui ont déjà manifesté leur intérêt pour le programme.
La première grande mission de SeaOrbiter, une dérive à travers la Méditerranée, est prévue à l’horizon 2010, après validation des protocoles opérationnels et essais en mer. Les missions suivantes devraient se dérouler à travers le Gulf Stream, dans l’océan Atlantique, puis dans les océans Pacifique et Indien. Il doit pouvoir effectuer, dans un proche avenir, une moisson de données et pourrait en ce sens, et en partenariat avec l’Institut Coréen de recherche océanographique Kordi, être l’un des symboles de l’Exposition Universelle de 2012 en Corée du Sud et qui aura pour thèmes la connaissance des océans et la sauvegarde de leur patrimoine naturel.

