Copenhague 2009
Journée des Océans
Sous les auspices de
SAS le Prince Albert II de Monaco
SeaOrbiter présenté par le Forum Global pour les Océans et les Côtes
(Programme des Nations Unies pour l’Environnement)
Pour une nécessaire réhabilitation des océans dans l’approche climatique globale
Le 14 décembre 2009, le Forum Global pour les Océans, les Côtes et les Iles, émanation du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, en association avec le Réseau Océan Mondial, a présenté pour la première fois à l’étranger le projet SeaOrbiter à un panel de visiteurs et de conférenciers venus du monde entier.
Le Forum Global pour les Océans, les Côtes et les Iles souhaitait en effet attirer, à travers ce projet hautement symbolique, l’attention des médias sur un certain nombre de thématiques dont le travail effectué sur les espaces marins au-delà des juridictions nationales, terrain de jeu naturel du SeaOrbiter.
Grand oublié des premiers rounds concernant les négociations passées sur le climat, l’océan est pourtant au cœur de la problématique climatique planétaire par bien des aspects. L’une des initiatives, et non des moindres, du sommet de Copenhague a donc été, entre autres, de replacer le rôle de l’océan et la problématique écosystémique marine au cœur de la problématique générale et des actions à conduire.
Moteur bioénergétique de la planète, les océans sont un double régulateur du climat terrestre de par la cinétique de leurs grands courants. Ils sont les vecteurs dynamiques de la circulation atmosphérique, de la répartition des grandes masses d’air et de la capacité planétaire à absorber et fixer les gaz à effet de serre, notamment le CO².
Or les analystes se fondent principalement, depuis des années, sur une cohorte de paramètres physico-chimiques pour, d’une part, étayer les interactions du couple océan/atmosphère, d’autre part, proposer des modèles intégrant ces mêmes paramètres et mettre en place des programmes de recherche reposant essentiellement sur des réseaux automatisés de mesures (bouées océaniques, satellites…) des dits paramètres.
La dynamique planétaire de l’océan et son rôle dans la problématique climatique globale n’ont jusque là été abordés que par le prisme de la physique prise au sens large. Exit le vivant qui constitue pourtant l’autre pôle de compréhension et de recherche fondamental pour l’étude de l’océan et donc pour une meilleure appréhension des phénomènes globaux de notre planète, dont le climat.
Or sur le terrain de la physique, si les expertises diverses ont montré, de manière globale, la modification certaine d’un grand nombre de paramètres impactant le climat terrestre, les certitudes sont beaucoup moins avérées en ce qui concerne l’océan, notamment pour ce qui est de sa capacité à réagir – et donc de l’évaluation de son seuil de tolérance – à une augmentation constante du CO² atmosphérique.
Ce que l’on devrait être, en revanche, aujourd’hui, en mesure de quantifier, de mesurer, ce sont des paramètres touchant au vivant. C’est par exemple l’impact dévastateur d’une possible acidification des océans sur leur production primaire (production de phytoplancton) puisque bon nombre d’espèces constituant la base de toutes les chaînes alimentaires océaniques sécrètent un squelette calcaire indispensable à leur développement. Le Ph étant un facteur régulateur capital du cycle du carbone océanique, les processus de calcification s’en trouveraient largement affectés.
La modification de la production primaire risque donc non seulement d’avoir des répercutions sur l’ensemble des chaînes trophiques océaniques mais elle risque aussi de modifier considérablement la production d’oxygène dont nos océans sont les grands pourvoyeurs. Cela accentuerait encore plus le déclencheur originel de cette problématique.
Ceci ne constitue qu’un exemple de paramètre vital de la santé de nos océans - et donc de leur capacité future à jouer leur rôle de régulateur climatique - que les systèmes automatiques, aussi performants soient-ils, ne peuvent mesurer. On pourrait encore citer une mesure plus accrue de l’influence des changements climatiques sur les grands courants océaniques - où se déplacera le SeaOrbiter – sur leur origine, leur épaisseur et leur variabilité.
Le besoin de programmes embarqués et de temps de recherche à
La dimension proactive de l’homme en situation - qui est l’un des atouts majeurs, du programme SeaOrbiter et de son réseau planétaire de navettes - avec l’éducation au développement durable de toutes les générations, de par le monde, demeure ainsi d’une importance capitale dans les processus scientifiques de demain.
En effet dès lors qu’il est reconnu aujourd’hui que les paramètres du vivant constituent la cible et la force nouvelle de tout un pan de la recherche française et internationale pour avancer sur l’étude des phénomènes climatiques, il est plus que jamais, nécessaire de développer des plateformes d’étude embarquées et de moyens d’analyse à
Si les résultats de l’après Copenhague, les accords de Nagoya sur la biodiversité ou encore les travaux de Cancun restent encore difficiles à quantifier, l’éclairage international que proposent désormais chacun de ces forums environnementaux hautement médiatiques, peut permettre à la France, en association plus ou moins poussée avec d’autres grands pays maritimes, de prendre l’initiative d’un nouveau leadership en matière de sciences marines. Il s’agit désormais d’intégrer définitivement, comme le prônent haut et fort l’Unesco par la voix de sa Commission Océanographique Intergouvernementale et le Forum Global pour les Océans et les Côtes, le rôle prépondérant que les océans jouent dans l’équilibre global de notre planète, du climat en particulier, en s’appuyant sur une réalité réévaluée des enjeux remis en perspectives, en matière de réflexion, de recherche, sur la thématique climatique planétaire.
C’est sur cet axe de réflexion que le projet SeaOrbiter peut s’inscrire dans la dynamique environnementale marine et planétaire pour améliorer l’évaluation des enjeux comme la mise en place d’outils d’analyse et de compréhension globaux, sans lesquels il ne pourra y avoir d’actions correctives pertinentes et porteuses d’espoir.



